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Idées Reçues vs Réalité terrain !
Je suis toujours ravie de vous recevoir au domaine. Les visites et dégustations sont des temps d’échanges privilégiés. J’échange avec vous sur mon métier, les défis du quotidien ou le fonctionnement des appellations…
Au Clos St Louis, nous recevons tout type de profil : des passionnés, des amateurs, des touristes plus ou moins connaisseurs…Et les questions de nos clients nous font toujours plaisir. Mais parfois, sourire aussi ! Ce qui soulève une réalité : notre métier est souvent bien différent de ce que vous imaginez.
Cela m’a donné une idée : lister ici les 5 grandes idées reçues sur la viticulture, pour mieux vous y répondre avec un petit « versus réalité » en image !

On pense facilement que la vigne est une plante autonome qui se développe sans intervention humaine et qu’il suffit de récolter le raisin quand il est à maturité. En réalité, chaque pied de vigne nécessite une attention méticuleuse tout au long de l’année. Dès la fin des vinifications, nous commençons à travailler pour la récolte suivante, avec la taille qui débute en novembre. Ensuite intervient le sarmentage, l’attachage, l’ébourgeonnage et enfin le relevage qui se termine en juillet. Ces interventions sont essentielles pour garantir la qualité des raisins et la pérennité des vignes.
Chaque pied de vigne = au moins 7 interventions manuelles par an.
Imaginez : à l’échelle d’1 hectare (10 000 pieds), ça fait beaucoup de coups de sécateur !

Une autre idée reçue est que la vinification, c’est-à-dire le processus de transformation du raisin en vin, est la tâche principale du vigneron. En tant que productrice récoltante, 80% de mon temps de travail consiste à entretenir les vignes. C’est avec des beaux raisins que l’on fait du bon vin et pour cela, il faut bichonner chaque pied de vigne.
Pas de secret pour une vinification réussie : il faut être dans les vignes.
La cave, elle, ne prend le relais qu’à la récolte…

Le terroir — ou le Climat, c’est la carte d’identité de la parcelle. Exposition au soleil, profondeur du sol, quantité de cailloux… Chaque détail compte pour façonner le caractère des grappes. Mais un grand terroir ne suffit pas à faire un grand flacon ! Le soin apporté à la vigne et la météo du millésime font eux aussi la différence. Ensuite, la cuverie prend le relais. La vinification vient révéler les arômes et tailler la structure du vin, tandis que l’élevage en fût de chêne apporte ce petit côté « boisé » et cette matière en bouche si appréciés.
Oui, le terroir donne son caractère au vin, sa typicité, mais – conseil de productrice – fiez-vous à votre palais, pas à l’étiquette…

J’aime bien dire que l’art de la vinification c’est « sublimer ce que la nature nous donne ». En clair ? Nous ne décidons pas du goût qu’aura le vin. Nous nous adaptons à la récolte pour en tirer le meilleur et donner notre style grâce à nos choix en cuverie.
La première grande décision : « quand commencer ? »
Avec la sécheresse et la canicule, les jus de raisin se concentrent. Résultat, les taux de sucre s’envolent, l’acidité descend en flèche et les raisins ne mûrissent plus. Difficile de se projeter : on attend la pluie ? On y va avant qu’il ne soit trop tard ??
Une fois le raisin en cuverie, le marathon commence : éraflage, macération, fermentation, décuvage, pressurage et entonnage. Sur le papier, la recette paraît simple. En pratique, chaque millésime exige du sur-mesure.
Et quels sont les meilleurs outils de l’œnologue à ce stade ? Ses propres sens.
On goûte, on sent, on admire la robe, mais on écoute aussi bouillonner les cuves et on touche la texture du chapeau pour savoir ce qui se passe dessous.

On imagine souvent l’élevage en cave comme une longue période de repos où le vin attend que le temps passe. La réalité est un peu plus compliquée. Une seconde transformation va s’opérer dans l’ombre : la fermentation malolactique. Pour éviter que tout ne tourne (littéralement) au vinaigre, il faut rester vigilant.
D’ailleurs, je prépare un marathon dégustation : 270 tonneaux à contrôler… des volontaires ?
Sans compter que le bois est gourmand : il boit. Pour combler ce vide et éviter toute oxydation, il faut régulièrement refaire le niveau. C’est ce qu’on appelle l’ouillage.
Entre vigilance et connaissance, tout un équilibre à trouver !
Ce comparatif met en lumière les nombreuses idées reçues qui entourent le travail du vigneron. La réalité est que la viticulture est un art et une science qui demandent un investissement de temps, d’efforts et de compétences.
Alors, j’en ai cassé quelques-unes, de vos idées reçues ?
Derrière une bouteille, il y a bien sûr un terroir, un millésime et un savoir-faire. Mais il y a surtout beaucoup de temps passé dans les vignes, des observations, des décisions, parfois des doutes… et cette nécessité de s’adapter sans cesse à ce que la nature nous réserve.
C’est aussi ce que j’aime dans mon métier : je peux répéter les mêmes gestes chaque année, aucune année ne ressemble vraiment à la précédente !
Et j’ose imaginer qu’en comprenant mieux ces réalités, vous apprécierez davantage le travail acharné qui se cache derrière chaque bouteille. Pour mieux savourer, naturellement.
CTA : Envie de passer de la théorie à la dégustation ? Venez découvrir nos vins et échanger avec moi au domaine à Fixin.